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Publié : 13 janvier 2013

09 - Quelles techniques ?

En fait c’est très simple :
- l’ostéopathie est une suite de nombreux tests variés et variables, en fonction de la structure considérée de la forme et de la taille de l’animal, suivie d’une technique correspondant au test et de répéter le test pour évaluer l’effet de la technique. Si possible en intégrant l’ensemble des tests dans un schéma dysfonctionnel issu d’un concept cohérent.

Mais le simple amène très vite au complexe, et l’ostéopathie n’échappe pas à la complexité du vivant aussi il existe plusieurs, de nombreuses, familles de techniques.

A titre personnel je ne pense qu’aucune n’est meilleure que l’autre, mais n’ont pas des actions comparables et que comparer différentes familles est comme de comparer les vertus du marteau par rapport à celles du tournevis. Si on a un clou, le marteau est le meilleur, si l’on a une vis, le tournevis est le meilleur.

Toutefois vous sentirez chez les ostéopathes des réticences envers certaines techniques, parce qu’ils ne les pratiquent pas par méconnaissance ou par choix.

Ainsi les techniques structurelles sont plus visuelles, plus proches des explications médicales classiques et seront donc plus appréciées par certains, parce qu’au moins on voit qu’il fait quelque chose, parce que l’on pense mieux comprendre avec sa tête.

Dans le même ordre d’idée les techniques dites musculaires sont aussi visuelles et assez faciles à appréhender par des explications physiologiques nerveuses classiques.

Toutefois si ces marteaux là avait pu enfoncer les vis alors on aurait pas eu besoin d’aller vers d’autres techniques dites fonctionnelles, viscérales, crâniennes, tissulaires, énergétiques ... qui ont le tort d’être moins visualisables et moins faciles à expliquer avec les outils actuels de la science médicale. Même si je suis convaincu qu’un jour nous élargirons la-dite science pour expliquer ces outils là. Vive le tournevis !!!

Passons les par grande famille :

- Les techniques structurelles : Ce sont des techniques qui tentent de restaurer dans une articulation un des micro-mouvements qui ne se faisait plus et gênait le mouvement global de cette articulation, il consiste à évaluer les différents axes de mouvements de l’articulation testée, de trouver une position avec des techniques en petit bras de levier ou en grand bras de levier pour amener l’articulation au maximum de son impossibilité et par un petit mouvement de faible amplitude et de grande vélocité obliger l’articulation à exécuter le petit mouvement qu’elle ne pouvait pas faire. Ce sont par nature des techniques directes (qui vont contre le problème) même si il existe des techniques dites structurelles indirectes (qui vont dans le sens de la facilité). Elles travaillent essentiellement sur la musculature courte juxta articulaire en modifiant le fonctionnement des récepteurs appelés récepteurs de Golgi. Utilisant la biomécanique fine, ces techniques, même si elles sont encore décriées par la majorité du corps médical restent toutefois celles qui semblent et je dis bien qui semblent le plus facile à expliquer rationnellement, ce qui de l’avis de beaucoup n’est pas encore fait.

- Les techniques myotensives : Ce sont des techniques qui travaillent plutôt sur les muscles longs en utilisant les récepteurs musculaires dont les fuseaux neuro-musculaires pour une régulation fine du tonus musculaire. Deux sous familles selon que le principe de la technique est dite iso-statique ou iso-métrique (à force constante ou à longueur de muscle constante)

- Les techniques Fonctionnelles : Ces techniques se servent de la respiration cellulaire et nécessitent un toucher très fin, qui nous est contesté mais que nous pouvons pourtant faire partager à quiconque le veut bien, avec de l’entraînement. Elles utilisent les mêmes principes biomécaniques mais résolvent les dysfonctions de manière beaucoup plus douce et avec plus de finesse. Elles peuvent être conjuguées aux techniques structurelles, il y a alors hétérosis entre les deux méthodes. Leur application est plus vaste et plus facile que les techniques structurelles. Elles sont beaucoup moins visuelles et vous pouvez parfois vous demander ce que fait l’ostéopathe : il cherche et perçoit par ces techniques des petites tensions très fines.

- Les techniques viscérales : Elles utilisent le structurel aménagé mais surtout le fonctionnel. Elles s’appuient en général sur l’embryogénèse, et permettent de travailler un viscère pour l’aider à mieux fonctionner, et enlever les tensions qu’il génère sur la musculature. Car en effet il en possible via le système nerveux autonome entre autres de faire une relation entre un organe, la musculature autour d’une vertèbre, des zones cutanées, ce qui est un vestige de l’organisation métamérique du corps.

- Les techniques réflexes : Elles utilisent aussi les restes de métamérie du corps pour mettre en relation certaines régions, cutanées, musculaires, tendineuses, avec des organes, des vertèbres, etc ... On détermine ainsi des zones ou des points (trigger point, points de Jaricot, points de Weihe, etc ...) qui sont autant des aides au diagnostic que des méthodes de traitement. Elles ne sont pas propres à l’ostéopathie mais se partagent avec d’autres méthodes (fascia-thérapie, shiatsu, etc ...).

- Les techniques Crâniennes : Elles partent du principe que le crâne n’est pas une boite fermée, mais un ensemble d’os qui doivent pouvoir se déformer les uns par rapport aux autres en accompagnant entre autre le Mouvement respiratoire primaire sorte de fluctuation inhérente au fonctionnement du corps.

- Les techniques tissulaires : Partent du principe que les tensions dans le corps sont accompagnées d’une densité plus forte et que le traitement de cette densité en appliquant entre autre les principes de la tenségrité soigne la tension et tout ce qui va avec, la cause physique, mais aussi émotionnelle ou énergétique.

- Les techniques somato-émotionnelles : partent du principe que les tensions physiques sont aussi dues à des émotions, comme si elles étaient enkystées à l’endroit même de la tension. Le principe consiste alors à faire ré-exprimer l’émotion pour libérer la tension.

- Les techniques Energétiques : Les plus difficiles à appréhender de l’extérieur, les plus difficiles à objectiver, mais plus l’ostéopathe est entraîné et plus il perçoit de choses ténues qu’il doit bien classifier et utiliser. On met dans ce panier toutes les sensations dites énergétiques, ce n’est qu’à force de multiplication de cas semblables qu’on peut en tirer des règles personnelles et s’en servir pour soigner. D’aucun se servent de l’existence de ces techniques pour dénigrer l’ostéopathie ou cherchent à la restreindre aux techniques les plus faciles à comprendre, mais c’est une erreur de mon point de vue, tout ostéopathe un jour est confronté à ces sensations fines et difficiles à expliquer, mais il comprend très vite que s’en priver lui ôte parfois la possibilité de soulager ... à titre personnel, je refuse cette auto limitation, même si je passe une partie de mon temps à essayer de critiquer et classifier ces sensations.

- Et puis il y a l’émergence de techniques particulières qui semblent destinées à prendre de l’importance, qui tiennent compte de la force de traction médullaire, de la torsion physiologique, de la résonance, de la tenségrité, etc ...

Et les autres techniques ?....

En effet chaque ostéopathe par sa sensibilité, son apprentissage, va modifier des techniques existantes, en créer d’autres, en mélanger certaines ... L’ostéopathie n’est pas un ensemble de techniques, c’est un art, c’est une philosophie de soin autant qu’une science.


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